Dans une école secondaire de Belgique francophone, une affaire récente aurait mis en lumière la circulation de puffs entre élèves.

20 Mai 2026 | Actualité | 0 commentaires

deal de puff dans le bw
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Dans une école secondaire de Belgique francophone, une affaire récente aurait mis en lumière la circulation de puffs entre élèves. Et ce que les premiers éléments laissent entrevoir va bien au-delà du fait divers scolaire.

Pas une puff isolée. Pas un simple « test » entre adolescents un soir de week-end. Selon les informations qui circulent, il s’agirait d’achats, d’échanges, de reventes au sein même de l’établissement. Des sanctions disciplinaires auraient été prononcées. Des élèves très jeunes seraient impliqués. Et des emballages vides auraient été retrouvés en quantité, correspondant à plusieurs dizaines de cigarettes électroniques jetables.

Le détail qui dérange ? Depuis le 1er janvier 2025, ces produits sont interdits à la vente en Belgique. Interdits. Plus aucun commerçant, plus aucun distributeur, plus aucun site légalement enregistré ne peut, en théorie, écouler ces dispositifs sur le territoire belge.

Une question s’impose donc, et elle ne souffre aucune esquive : comment un produit interdit à la vente peut-il se retrouver dans les mains d’enfants de 12 ou 13 ans, à l’intérieur d’une école, en pleine semaine, près d’un an et demi après l’entrée en vigueur de l’interdiction ?

Cette question ne concerne pas une seule école. Elle concerne tous les parents, qui découvrent parfois trop tard les habitudes de consommation de leurs enfants. Elle concerne toutes les directions d’établissement, confrontées à un trafic qu’elles n’ont ni les moyens ni la mission première de démanteler. Elle concerne les autorités de contrôle, dont c’est précisément le rôle. Et elle concerne les responsables politiques, qui ont voté une interdiction dont l’effet sur le terrain semble, pour le moins, contestable.

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Car si des puffs circulent dans une cour de récréation, ce n’est pas seulement un problème de discipline scolaire. C’est un problème de santé publique, puisque ces dispositifs exposent des cerveaux en plein développement à la nicotine, avec les effets de dépendance que l’on connaît. C’est un problème de contrôle du marché, puisqu’un produit interdit continue manifestement d’entrer sur le territoire et d’y être distribué. C’est, enfin, un problème de protection des mineurs, ces consommateurs que la loi de janvier 2025 prétendait justement mettre à l’abri.

Soyons clairs sur un point. Un enfant de 12 ans ne fabrique pas une puff. Il ne l’importe pas depuis la Chine ou l’Europe de l’Est. Il ne constitue pas un stock dans une cave. Il ne crée pas une filière de distribution. Il ne décide pas, seul, qu’un produit interdit continue à circuler malgré la loi.

Ce qu’il peut faire, en revanche : acheter, parfois pour quelques euros. Tester, par curiosité ou par mimétisme. Revendre, à un camarade, avec une petite marge. Se laisser entraîner par un grand frère, un voisin, un élève plus âgé. Et, parfois, parler — à un adulte, à un éducateur, à un parent.

Mais derrière lui, il y a forcément une chaîne. Quelqu’un qui importe. Quelqu’un qui stocke. Quelqu’un qui revend, en gros ou au détail, en magasin physique sous le manteau ou via les réseaux sociaux et les messageries cryptées. Quelqu’un qui sait parfaitement que ses clients finaux sont mineurs, et qui continue.

Cette chaîne doit être identifiée. Elle doit être remontée. Elle doit être sanctionnée. Parce que tant que la réponse politique se limitera à interdire sur le papier sans contrôler dans les faits, le marché noir continuera de prospérer — et la cour de récréation restera l’un de ses terrains de jeu.

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La vraie question, celle à laquelle parents, écoles et autorités doivent désormais répondre ensemble, tient en quatre mots : qui fournit ces produits ?

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