Ross Sykes, la nouvelle tour aérienne qui déconcerte la Pro League
À peine débarqué de la troisième division anglaise, Ross Sykes s’impose comme l’une des pièces maîtresses de l’Union Saint-Gilloise. Avec ses 1m96, le défenseur central anglais fait trembler les adversaires sur chaque phase arrêtée et soulève la question : comment neutraliser un joueur si peu anticipé ?
Un profil atypique devenu incontournable à Saint-Gilles
Arrivé en juillet 2022 d’Accrington Stanley, en League One, Ross Sykes n’était pas attendu à ce niveau. Pourtant, dès sa deuxième saison sous le maillot grenat et noir, il confirme sa montée en puissance. Cette campagne, il a disputé 30 des 40 rencontres possibles, dont 22 titularisations, contribuant à la solidité défensive et au jeu offensif de l’Union. Son rendement de quatre buts et d’une passe décisive illustre sa double valeur : recours sûr en défense et menace lors des phases arrêtées.
À 25 ans, le natif de West Yorkshire a rapidement pris le pas sur Fedde Leysen, le titulaire historique au centre de la défense. « Il a été sous-estimé par les équipes », note la consultante Christine Schreder. Peu connu du grand public, Sykes se révèle pourtant un atout majeur pour l’Union, dont la compétitivité en Pro League tient aussi à la capacité de ses défenseurs centraux à marquer.
Les atouts d’une tour aérienne
La première qualité de Sykes réside dans son jeu de tête. Avec 1m96, il génère une asymétrie cruciale en phase offensive : ses adversaires peinent à disputer le duel aérien. Philippe Albert, ancien international belge et consultant, insiste : « Il faut un bloc devant qui ne s’occupe que de lui et pas du ballon. » Or, ce travail collectif manque chez la plupart des adversaires de l’Union.
En défense, sa portée lui permet de dégager les centres avec autorité. Mais c’est surtout en attaque que ses capacités se distinguent : quatre buts marqués cette saison, dont un contre l’Antwerp ce week-end, et une passe décisive obtenue en 29 tentatives. À la manière de Daniel Van Buyten, meilleur buteur de l’OM en 2002 malgré son poste de central, Sykes prouve que les phases arrêtées sont devenues un enjeu tactique majeur.
Pourquoi les équipes adverses peinent à le contenir
Le principal problème réside dans l’organisation collective des défenseurs. Nordin Jbari, autre consultant de La Tribune, le constate : « Je vois des joueurs qui sautent sans les bras. Il faut le gêner dans le timing. » En pratique, beaucoup d’équipes préfèrent aligner un joueur plus petit pour retarder Sykes plutôt que de mettre en place un marquage individuel et un système de bloc qui verrouille sa trajectoire.
Philippe Albert résume le paradoxe : « Il y a un travail qui est fait à l’Union qui n’est pas fait par les adversaires. » Alors que le club saint-gillois travaille ses phases arrêtées avec précision, ses rivaux se reposent souvent sur des schémas défensifs génériques. Résultat : Sykes profite du moindre espace et livre un véritable cauchemar aux défenseurs chargés de son marquage.
L’évolution tactique de la Pro League
La montée en puissance de Sykes s’inscrit dans un contexte plus large. En Jupiler Pro League, les phases arrêtées représentent aujourd’hui un tiers des buts marqués. La quête de défenseurs centraux capables de peser offensivement relance le débat sur la formation et les recrutements. L’Union Saint-Gilloise, en misant sur un joueur arrivé de division inférieure, montre la voie d’une approche pragmatique et efficace.
Les observateurs s’interrogent désormais : d’autres clubs emboîteront-ils le pas et privilégieront des profils similaires, quitte à repêcher dans les ligues inférieures anglaises ou hollandaises ? Ou continueront-ils à sous-estimer ces arrivants atypiques, au risque de répéter les déconvenues subies face à Sykes ?
Perspectives et enjeux sur le marché
Le succès de Ross Sykes ne passe pas inaperçu. Sa valeur de marché grimpe, et plusieurs recruteurs européens surveillent ses performances. Les questions fusent : quelles cylindrées européennes se positionneront, à quel prix et sous quelles conditions ? L’Union Saint-Gilloise, habituée à vendre au meilleur moment, devra-t-elle repousser une offre séduisante pour conserver son pilier défensif jusqu’à la fin de la saison ?
À terme, l’horizon peut s’étendre vers des championnats plus exposés, où ses qualités aériennes seront encore plus précieuses. Mais l’enjeu pour l’Union reste de préserver sa compétitivité : remplacer Sykes ou convaincre le joueur de poursuivre son aventure en banlieue bruxelloise. À ce stade, tous les regards restent tournés vers la Pro League, où le jeu aérien et les défenseurs centraux marqueurs promettent de redessiner les équilibres.
Olivier Meynaerts est un éditorialiste aguerri avec une expérience dans le domaine de l’analyse et de la critique. Reconnu pour sa capacité à interpréter l’actualité avec perspicacité, il offre des perspectives éclairées et provocantes. Sa plume incisive et son engagement envers une information de qualité font de lui un leader d’opinion respecté, guidant notre équipe avec détermination.


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